18 juin 2007
Le crapaud...The toad
Ce soir un étrange visiteur a traversé notre jardin. Il était blessé, peut être par notre chatte, mais farouchement défendu par notre chienne. Sa belle taille méritait bien ce petit hommage ainsi que le rappel d'une chanson que nous avons chanté pour ne pas dire hurlé dans mon enfance.
| La nuit est limpide, L'étang est sans ride Dans le ciel splendide Luit le croissant d'or. Orme, chêne ou tremble Nul arbre ne tremble Au loin le bois semble Un géant qui dort Chien ni loup ne quitte Sa niche ou son gîte Aucun bruit n'agite La terre au repos Mon âme est sereine À l'heure des sirènes Qui, dans les troènes, Jouent de leurs pipeaux Alors dans la vase Ouvrant en extase Leurs yeux de topaze Chantent les crapauds Ils disent "nous sommesHaïs par les hommes Nous troublons leur somme De nos tristes chants Pour nous point de fêtes, Dieu seul sur nos têtes Sait qu'il nous fit bêtes Et non point méchants Notre peau terreuse Se gonfle et se creuse D'une bave affreuse Nos flancs sont lavés. Et l'enfant qui passe, Loin de nous s'efface Et pâle, nous chasse A coups de pavés. Des saisons entières dans les fondrières Un trou sous les pierres Est notre réduit Le serpent en boule Près de nous s'y roule |
Quand il pleut en foule, Nous sortons la nuit Et dans les salades Faisant des gambades Pesants camarades Nous allons manger Manger sans grimace Cloporte ou limace Ou ver qu'on ramasse Dans le potager Nous aimons la mare Qu'un reflet chamarre Où dort à l'amarre, Un canot pourri, Dans l'eau qu'elle souille Sa chaîne se rouille La verte grenouille Y cherche un abri Là, la source épanche Son écume blanche ; Un vieux saule penche Au milieu des joncs Et les libellules Aux ailes de tulle Font crever des bulles Au nez des goujons Quand la lune plaque Comme un vernis laque Sur la calme flaque Des marais blafards Alors symbolique Et mélancolique Notre lent cantique Sort des nénuphars Orme, chêne ou tremble, Nul arbre ne tremble. Au loin le bois semble Un géant qui dort La nuit est limpide L'étang est sans ride Dans le ciel splendide Luit le croissant d'or. |
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J



